Mayer dans les temps des minima

  • Kevin Mayer fonce vers les minima et la qualification olympique pour les Jeux de Tokyo.
    Kevin Mayer fonce vers les minima et la qualification olympique pour les Jeux de Tokyo. photos d. M.
Publié le , mis à jour

À l’issue de la première journée du décathlon de La Réunion, Kevin Mayer est en tête et bien parti pour se qualifier pour les Jeux Olympiques.

La quête du Graal olympique est une course folle, tortueuse et glissante. Depuis 2018 et son record du monde du décathlon (9 126 points), Kevin Mayer emprunte tous les chemins de traverse qui mènent à Tokyo l’été prochain. Comme si les dix épreuves qu’il s’inflige régulièrement ne suffisaient pas, l’athlète montpelliérain repousse sans cesse la qualification, tantôt rattrapé par un corps fragile, tantôt éliminé sous le regard inquisiteur du juge. Sans parler de la pandémie de Covid-19 venue chloroformer toutes les pistes du monde depuis bientôt un an.

Du plaisir et de la douleur

Kevin Mayer a longtemps cherché une terre d’asile pour reprendre le fil de cette carrière unique et laisser aux autres l’angoisse de ne pas être du voyage. Il l’a finalement trouvée en cette fin d’année sur l’île de La Réunion.

Rien n’est encore fait, bien évidemment. Son tendon d’Achille peut encore se réveiller et la peur de planter la perche se confirmer, ce samedi. Mais jusqu’ici, tout va bien. Au premier jour du décathlon de Saint-Paul, entre montagnes et océan Indien, il chemine tranquillement vers le Japon. Avec potentiellement un bon matelas de points d’avance sur le niveau de performance requis (8 350 points) après cinq épreuves (100 m, saut en longueur, poids, hauteur et 400 m).

Pas de quoi lui faire tourner la tête au moment de commenter cette première journée de compétition. Quoique… "Aujourd’hui, c’était beaucoup de plaisir mais aussi beaucoup de souffrances. Je n’avais plus couru un 400 m depuis un an, j’avais oublié… Je manquais aussi de réglages. Mais cette forme-là, réglée, pourrait faire très mal à Tokyo."

"J’ai encore un peu de mal à me détendre"

Kevin Mayer est ainsi. Quand d’autres trembleraient toujours à l’idée de se louper, lui se projette déjà. Parce que, dit-il, "j’ai retrouvé mon niveau et en plus sans douleur". Parce que traditionnellement, aussi, la deuxième journée d’un décathlon est la plus favorable au champion du monde 2017 à Londres. Avec le 110 m haies, le javelot ou encore le saut à la perche quand les mauvais souvenirs de Doha ne remontent pas à la surface.

"Je serai quand même content quand tout cela va s’arrêter, à l’issue du 1 500 m. Pour le moment, j’ai encore un peu de mal à me détendre." Son nouvel entraîneur, Alexandre Bonacorsi, est en revanche tout à fait détendu. "C’est bon, tout bon. Parfait même", tonne le technicien, tout sourire.

Le clan Mayer est à l’unisson. Sûr de sa force et porté par quelque chose de plus grand. Tokyo après Saint-Paul. L’or après les minima.

Midi Libre
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