Son fils agressé par des mineurs à Montpellier, sa plainte contre l’État et le Département instruite

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  • Patricia Bessière a été entendue par la police ce mercredi 16 décembre à la demande du parquet.
    Patricia Bessière a été entendue par la police ce mercredi 16 décembre à la demande du parquet. MIDI LIBRE - H. A.
Publié le , mis à jour

Une mère demande des comptes après que son fils a reçu un coup de couteau.

Patricia Bessière a été auditionnée par la police montpelliéraine ce mercredi 16 décembre. La maman du jeune Gibril, aujourd’hui 16 ans, avait saisi le procureur de la République en janvier dernier, pour demander des comptes au Département et à la préfecture de l’Hérault, après l’agression de son fils au couteau devant le lycée Joffre, il y a bientôt deux ans.

Quatre jeunes albanais, dont deux mineurs non accompagnés qui étaient pris en charge par le Département, ont depuis été identifiés par la victime et mis en examen. Mais la maman de Gibril qui a reçu un coup de couteau au niveau de l’arcade sourcilière et a eu le nez cassé ne comprend pas "pourquoi ils sont toujours dehors et se promènent en ville".

Le ministère public vient de faire droit à sa plainte contre les institutions et va ouvrir une enquête. "Les pouvoirs publics ne savent pas gérer ces mineurs, dit cette militante également proche des gilets jaunes et l’une des initiatrices de l’association Pour lutter contre l’insécurité. En septembre dernier, les agressions se sont multipliées, c’est une très grosse problématique sur Montpellier alors qu’on a déjà la délinquance qui existe dans nos quartiers. Je veux que justice soit faite. Et il faut aussi responsabiliser ceux qui s’en occupent, le Département et la préfecture".

"Je veux que justice soit faite"

Rappelons que sur au moins 600 mineurs non accompagnés présents dans l’Hérault, une cinquantaine d’entre eux est régulièrement auteur de violences ou de vols avec arme blanche sur Montpellier.

Elle pointe dans sa plainte le Département "responsable de ces mineurs" en matière d’hébergement et d’encadrement et le préfet "responsable de l’insécurité des citoyens qui n’a pas su gérer le problème des mineurs isolés". Elle souhaite que Kléber Mesquida, président du Département et l’ancien préfet Pierre Pouëssel en poste à l’épique des faits "soient entendus pour savoir qui soutient ces mineurs et sous quelle garde ils se trouvent réellement. Il y a des failles".

Tu sais à qui tu as affaire, c’est nous les patrons de Montpellier

Le 11 janvier 2019, son fils, qui attendait sa petite copine devant l’établissement, s’était interposé alors qu’un élève de 6e se faisait frapper par les quatre individus. "Ils lui ont dit "tu sais à qui tu as affaire, c’est nous les patrons de Montpellier !" Il aurait pu mourir ce jour-là s’il avait pris le couteau dans le cœur", dit-elle.

Depuis, le garçon souffre d’insomnies, il n’a pas pu suivre sa scolarité normalement. Il doit subir d’autres opérations chirurgicales pour son nez qui a été cassé et "n’ose plus aller en ville", explique sa mère. Sur les quatre mis en cause, deux ont été identifiés par la victime de façon formelle, deux mineurs albanais âgés de 17 ans. "Je ne sais même pas s’ils seront au procès. Je voudrais donner une autre image à mon fils qui croit en la justice", se désole Patricia Bessière. Les deux autres suspects courent toujours.

"Mise en danger délibérée"

C’est la responsabilité pénale de l’État et du Département à travers ses représentants que veut démontrer Patricia Bessière à travers cette plainte pour "mise en danger d’autrui délibérée du fait de connaissance d’une situation dangereuse et une inaction", explicite Me Mickaël Poilpré, son avocat. Le fait que Patricia Bessière ait été auditionnée, "cela veut dire que le procureur de la République veut aller plus loin dans les investigations à mener".

Il est déjà arrivé que L’État soit condamné en justice pour "mesures insuffisantes au vu de l’ampleur persistante du phénomène des rodéos urbains" en matière d’insécurité, comme l’avait fait le tribunal administratif de Marseille en août dernier. Les riverains du quartier de Verduron avaient reçu 10 000 € de dommages et intérêts.

La procédure est ici différente selon Me Poilpré : "Mme Bessière ne recherche pas seulement la reconnaissance d’une responsabilité d’une faute mais celle d’une culpabilité aux yeux des citoyens avec des sanctions pénales".

Contacté ce jeudi, le Département n’a pas répondu.
Hélène AMIRAUX
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