Le témoignage glaçant de Samira prise au piège au cœur de la fusillade de Nîmes

  • Samira était dans un commerce lorsque la fusillade a éclaté.
    Samira était dans un commerce lorsque la fusillade a éclaté. MIDI LIBRE - CATHY ROCHER
Publié le , mis à jour

Une fusillade a éclaté au Chemin-Bas d'Avignon à Nîmes dimanche dans la matinée, faisant un blessé grave. Samira, 53 ans, qui était dans un commerce au moment des faits raconte "la peur de sa vie".     

Une fusillade a éclaté dimanche matin au Chemin-Bas d'Avignon. Un commando a ouvert le feu avec des armes lourdes, faisant un blessé grave, un jeune homme de 18 ans, originaire de Beaucaire. Un suspect a été interpellé et mis en examen pout tentative de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de préparer un crime, ce jeudi. Il a 25 ans et serait domicilié à Nîmes. 

Ce dimanche matin, Samira, 53 ans, s'est retrouvée au cœur de cette fusillade. Elle raconte "la peur de sa vie". 

"Dimanche matin, je suis partie en fin de matinée faire quelques courses. Je suis rentrée chez mon commerçant, tout allait bien. Il y avait du monde partout, des gens faisaient même la queue devant certains magasins. Quand ça a été à mon tour, je me suis rendue compte qu'il y avait du raffut dehors mais je n'y ai pas trop prêté attention car parfois des jeunes s'amusent à faire les idiots." 

Tous ceux qui couraient devenaient leur cible

Puis tout à coup, un jeune est arrivé en courant en disant "vite, vite, ils ont sorti les armes, ils vont nous tirer dessus. Et puis, ça s'est mis à tirer de partout. C'est là qu'une balle a atterri dans la vitrine du frigo du commerçant. Celle-ci a éclaté et j'ai reçu un débris sur le front. Ca a fait un bruit énorme. J'ai eu mal à l'oreille pendant trois jours. J'ai crié tellement j'ai eu peur. En réalité, quand ils ont vu entrer le jeune en courant, ils ont tiré dans sa direction. Mais il n'avait rien fait, il courait se réfugier. Tous ceux qui couraient devenaient leur cible. ce qui était glaçant c'est qu'ils étaient d'une froideur et d'un calme total. Ils avançaient comme s’ils étaient en train de se promener." 

Dehors on entendait tirer et les gens crier

Du coup, le commerçant a vite descendu son rideau et "on est resté une vingtaine de minutes. On s'est mis dans un coin avec le boucher, son employé, le jeune homme et moi, et on n’a pas bougé. Dehors, on entendait tirer et les gens crier. J'avais peur qu'ils s'acharnent contre le rideau."

Je n'arrivais pas à sortir, j'avais les jambes coupées

Puis Samira a entendu un homme qui criait : "C'est bon, il y a la police, il y a la police !" On a tous eu peur. J'ai eu la peur de ma vie. Maintenant ça se passe tout le temps, en pleine journée. Ils n'ont peur de rien. Je n'arrivais pas à sortir, j'avais les jambes coupées. Et j'avais peur de traverser la route car il y avait beaucoup de policiers et j'avais peur que les tireurs sortent avec leurs armes et se mettent de nouveau à tirer mais sur la police cette fois".

Cette fois, je l'ai échappé belle

Samira est rentrée chez elle en oubliant ses courses qu’elle n'est allée rechercher qu'hier. "Mon commerçant m'a dit qu'on devait rester froids. Mais on ne peut pas rester froids devant ces jeunes. Ils sont armés ! Ils sont armés ! Cette fois, je l'ai échappé belle." Sur le coup, elle a tenu le choc, mais le lendemain au travail, elle s'est effondrée : "J'ai fondu en larmes".

On les connaît ces jeunes, ils ont grandi devant nous

Aujourd'hui un sentiment de terreur règne dans le quartier : "Les gens ont peur d'aller faire leurs courses. Ils sont en train de tuer ce quartier. Ça fait 18 ans que j'y habite et depuis deux ans, ça s'est vraiment dégradé. On les connaît ces jeunes, ce sont des jeunes du quartier, ils ont grandi devant nous. J'ai peur quand je sors le matin, quand je rentre le soir. Ça fait environ trois semaines, je rentrai chez moi en fin d'après-midi lorsqu'un jeune a sorti une arme. C'est tous les jours maintenant." 

Dans un accès de colère, Samira lance à bout : "Il faudrait que l'Etat soit vraiment ferme. Parce qu'on a peur ! On se dit : on va aller chez le boucher et on va mourir ! Si je pouvais partir demain, je prends mes affaires et je m'en vais sur-le-champ." 

Samira est un prénom d'emprunt.

MIDI LIBRE
Sur le même sujet
L'immobilier à Nîmes

97000 €

Grand T2 bis de 55 m² composé d'une entrée avec placards, une cuisine avec [...]

349 €

Offre exceptionnelle ! Moins 100 EUR pendant 6 mois sur le loyer HC, pour [...]

304 €

Offre exceptionnelle ! Moins 100 EUR pendant 6 mois sur le loyer HC, pour [...]

Toutes les annonces immobilières de Nîmes