Chambon : il fait pousser du cannabis chez lui et se rebelle, 5 mois aménagés

  • Me Guillaume Garcia défendait le prévenu
    Me Guillaume Garcia défendait le prévenu Midi Libre - François Desmeures
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Le prévenu avait été dénoncé aux gendarmes par le maire de Chambon.

Une visite pour une plantation de cannabis, une porte forcée par les gendarmes, des insultes au fonctionnaire et, finalement, un plaquage ventral auquel répondent des menaces. C’est ce que devait juger le tribunal correctionnel hier autour d’un prévenu résidant à Chambon, jugé en comparution immédiate, bien que l’affaire remonte à septembre 2019.
C’est le maire de Chambon de l’époque, Serge Meurtin, qui informe les gendarmes d’odeurs suspectes dans une "parcelle de terrain au bout d’une piste sans issue", relate la présidente, Amandine Abegg. Il dit avoir remarqué l’odeur en allant arroser ses châtaigniers, ce qui provoquera une remarque amusée de la présidente, surprise qu’on puisse arroser ses châtaigniers en forêt... Le terrain incriminé appartient effectivement au prévenu. Mais il n’est pas clos, ce qui donnera lieu au refus de nullité de la procédure que réclamait l’avocat Me Guillaume Garcia, au motif que l’intervention des gendarmes était une perquisition illégale. Les gendarmes découvrent sur place cinq plants de cannabis. Le 14 septembre, après avoir tenté pendant deux semaines de rencontrer le cultivateur en tapant à sa fenêtre, ils pénètrent dans la maison et découvrent une serre artisanale, ainsi que le matériel nécessaire à la consommation de cannabis, plus quatorze autres plants.
Le prévenu nie que les plants en forêt lui appartiennent et invoque la consommation personnelle pour la petite production qu’il entretient. "Les gendarmes, je ne me rappelle pas les avoir insultés, enchaîne-t-il. C’est possible car j’étais énervé pour la porte cassée." Les termes de la menace reprochée divergent ensuite. En garde à vue, le prévenu indiquait qu’à la prochaine venue des gendarmes, il ferait sauter la maison.

"Capable, à plus de 50 mètres, de sentir du cannabis"

Des paroles d’une personne isolée, qui n’a plus de vie sociale et pas assez de revenu pour la développer et qui se sent persécuté. Assez pour provoquer "l’inquiétude" du substitut du procureur, Cyrille Abbé, qui requiert que le prévenu "soit déclaré coupable de l’ensemble des faits qui lui sont reprochés", avant de souhaiter une peine de "5 mois d’emprisonnement sans mandat de dépôt". 
Ironisant sur l’odorat surdéveloppé de Serge Meurtin "capable, à plus de 50 mètres, de sentir du cannabis - il faudrait l’embaucher pour aller sentir les bagages dans les aéroports", Me Garcia s’est étonné de voir cette affaire jugée en comparution immédiate. Dénonçant les conditions de l’interpellation - "totalement disproportionnés par rapport aux faits" - Me Garcia s’est étonné que les injures aient été entendues par les seuls gendarmes : deux témoins et les pompiers n’en ont pas fait mention. 
Relaxé pour les faits de détention de cannabis, le prévenu a été condamné à 5 mois de prison pour rébellion et outrage. Il devrait être mis sous bracelet électronique. Constitué partie civile, l’un des deux gendarmes reçoit 700 € au titre des dommages.

François Desmeures
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Les commentaires (2)
aventurier Il y a 1 mois Le 18/12/2020 à 11:42

La solution est de légaliser le cannabis.

papou69 Il y a 1 mois Le 17/12/2020 à 19:54

Si jeune et déjà alzheimer
Qu'elle tristesse
Pas de consommateurs pas de dealers
Voilà voila