Athlétisme : à La Réunion, le Montpelliérain Kevin Mayer est sur son volcan

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  • Drapé dans le maillot de son équipe de basket-ball préférée, Kevin Mayer chasse les derniers nuages.
    Drapé dans le maillot de son équipe de basket-ball préférée, Kevin Mayer chasse les derniers nuages. MIDI LIBRE - DOMINIQUE MERCADIER
Publié le , mis à jour

Le Montpelliérain joue sa qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo, à partir du vendredi 18 décembre, à La Réunion.

Le piton de la Fournaise est entré en éruption. Pour la troisième fois de l’année, la lave abreuve la roche noire calcinée. À l’autre bout de l’Île-de-La Réunion, à Saint-Gilles-les-Bains, dans le confort ouaté de l’hôtel Récif, guirlande de maisons en bois plantées face à l’océan Indien, un autre volcan s’éveille.

Courir après les minima olympiques

Kevin Mayer prépare son retour. Depuis un certain record du monde, le 16 septembre 2018 à Talence, l’athlète montpelliérain n’a plus terminé un décathlon. Ce qui l’oblige aujourd’hui à courir après les minima olympiques (8 350 points).

À travers ses “post” quotidiens sur les réseaux sociaux, on mesure la frustration et l’impatience du champion. Dans sa tête, la tectonique des plaques fait lentement son œuvre. Explosion prévue, si tout se passe bien, vendredi et samedi sur la piste du bien nommé stade Olympique de Saint-Paul, une enceinte voulue (en 1976) et inaugurée par Valérie Giscard d’Estaing, en 1979.

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— Kevin MAYER (@mayer_deca) December 15, 2020

Il a besoin de se sentir à 40 % seulement

"Je laisse le stress monter, admet l’intéressé, drapé dans un maillot des Celtics de Boston, son équipe de basket-ball préférée. Vouloir le contrôler ne sert à rien. Il faut savoir le maîtriser le moment venu, deux secondes avant de sortir des starting-blocks."

D’ici là, la pression va irriguer toutes ses veines. Jusqu’à lui provoquer un sentiment bizarre dans la bouche. "Pour que mon corps puisse s’exprimer à 120 %, à un moment donné, il a besoin de se sentir à 40 % seulement. On ne peut pas être heureux 24 heures sur 24." Son entourage l’accompagne dans cette quête, sans le brusquer. Ces derniers jours, l’entraînement se résume à vingt minutes de pointes pour quelques réglages. Et du plaisir, beaucoup de plaisir, comme seule La Réunion sait en donner.

Le Trou noir de la rivière Langevin

"Mon meilleur spot, c’est le Trou noir de la rivière Langevin. C’est l’endroit le plus magnifique au monde", assure Kevin Mayer. Deux fois déjà, depuis son arrivée sur l’île voici quinze jours, il a plongé dans le vide sans retenue. "Il n’y a pas mieux pour récupérer." L’office de tourisme local appréciera.

À Saint-Paul, où habituellement un meeting régional est programmé un peu plus tôt dans la saison, les dirigeants de la Ligue auraient bien besoin d’un peu de fraîcheur eux aussi. Les voilà propulsés dans le grand bain des épreuves combinées pour la première fois de leur histoire.

Les alizés ont tourné

Accompagnés par Thomas, le frère de Kevin, et les organisateurs du Décastar de Talence, cocoonés par la Fédération et toutes les collectivités territoriales, ils se disent prêts à relever le challenge au même titre que tous les athlètes (décathloniens et heptathlètes) venus chercher le Graal.

Quand bien même le poids du résultat pèse aussi sur leurs épaules. Ce matin (mercredi, NDLR), une bonne nouvelle est venue réchauffer l’ambiance. "Les alizés ont tourné. Le vent, d’ordinaire défavorable, sera favorable.Les conditions seront parfaites tout le week-end", préviennent les autorités locales. Kevin Mayer sourit. Il s’en va chasser les derniers nuages. Là-haut, tout là-haut, sur son volcan.

Thierry Techer est mort à 57 ans des suites d’une longue maladie. Il était l’une des figures du Grand Raid, le principal ultra-trail organisé sur l'île de La Réunion.https://t.co/tPzL8wSiIc pic.twitter.com/TGIZ4HduXs

— La1ere.fr (@la1ere) December 16, 2020

 

Carnet de route : mort d'un fou

Les décathloniens ont beaucoup en commun avec ceux qui, tous les ans au mois d’octobre, débarquent à La Réunion pour la Diagonale des fous. "On sait que l’on va en chier", image Kevin Mayer.

D’un côté, plus de 160 km de chemins et 10 000 m de dénivelé ; de l’autre, dix épreuves qui mettent au supplice tous les muscles. Et au milieu, des hommes et des femmes hors normes. Comme l’était Thierry Técher.

Vainqueur du Grand raid en 2000 et 2002, le Réunionnais, 57 ans, était une figure du trail bien avant l’émergence de la star espagnole Kilian Jornet. Il s’est éteint ce mercredi au pied de ses montagnes.

D. M.

 

De Saint-Gilles (La Réunion), Dominique Mercadier
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