Restaurants et cafés fermés : des fournisseurs aussi dans la panade

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  • Brasseurs, blanchisseurs, vignerons, éleveurs… De nombreuses professions sont impactées.
    Brasseurs, blanchisseurs, vignerons, éleveurs… De nombreuses professions sont impactées. Photo V.PEREIRA
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Alors que les restaurateurs et cafetiers ont manifesté ce lundi 14 décembre à Paris pour rouvrir, celles et ceux qui les approvisionnent subissent de plein fouet les conséquences de ces fermetures.

Cafetiers et restaurateurs ont défilé ce lundi 14 décembre à Paris, pour demander à retravailler. Et dans leur argumentaire, ces commerçants évoquent notamment le sort de leurs fournisseurs, moins visibles, mais touchés de plein fouet par les fermetures de ces milliers d’établissements.

"On est quasiment à l’arrêt, on livre juste la grande distribution que l’on remercie de nous soutenir", indique par exemple Laure Milles, directrice de la société éponyme, spécialisée depuis quatre générations dans la distribution de bières, spiritueux, café, vins mais aussi dans la production de boissons et basée à Toulouges (P-O).

L’entreprise dont beaucoup des 70 salariés sont au chômage partiel, a un millier de points de vente, livrant sur l’Occitanie et l’arc méditerranéen.

"On se mobilise, nous sommes représentés à la manifestation par la Fédération nationale des boissons et, pour nous, c’est encore plus dur car la société n’est pas bénéficiaire du fonds de solidarité, poursuit Laure Miles. On est dépendants des CHR (cafés hôtels, restaurants), c’est 80 % de notre chiffre d’affaires, mais pour l’instant on fait face."

"On est obligé de jeter de la viande quand les congélateurs sont pleins"

À Perpignan, Stéphane Guasch, se dit "très embêté" par la situation. Ce chevillard s’est fait un nom et une entreprise de quelque 180 salariés pour un chiffre d’affaires de 40 M€.

Et les restaurants représentent "environ 30 %" de ses ventes dans quelque 2 000 établissements d’Occitanie, de la région Sud et de Paris. Il est confronté à un problème de taille : il continue d’abattre les bêtes car une partie des bœufs, par exemple, est destinée aux collectivités (pour les cantines scolaires) ou aux maisons de retraite.

Mais l’autre moitié de l’animal, les parties les plus nobles, est destinée aux restaurants.

"On a congelé beaucoup, mais on est aussi obligé de jeter de la viande quand les congélateurs sont pleins", se désole celui qui a aussi collaboré avec la banque alimentaire ou la Région pour limiter ces pertes.

"Si on avait pu, on aurait défilé, on est à 2000 % avec eux, ces restaurants ont contribué au développement de l’entreprise. On espère une vraie réouverture en janvier, il faut se battre pour ça. Le chômage partiel, ça marche, mais il y a les charges fixes et on préférerait s’en passer."

Blanchisseurs, torréfacteurs, éleveurs maraîchers, de nombreuses professions sont plus ou moins impactées. Ici, un artisan pâtissier montpelliérain voit ses commandes de bûches chuter pour Noël par manque de ces clients professionnels, là un producteur d’œufs héraultais qui a peiné à écouler ses stocks et qui se sauve grâce aux circuits courts. Il y a aussi beaucoup de vignerons en difficulté. Comme Maurice Barnouin dans le Gard, à la tête du domaine de Gournier, à Boucoiran.

" On est vraiment impacté et on ne voit pas le bout du tunnel", soupire celui qui travaille beaucoup avec les restaurants français, environ 40 % de sa production. Mais il a également une grosse clientèle internationale, en Europe du Nord notamment et là également, tous les établissements de bouches sont fermés et ne peuvent pas proposer ses bouteilles.

"Le seul point positif c’est que l’on peut stocker les bouteilles, mais la trésorerie devient vraiment préoccupante", poursuit celui qui se relevait à peine des intempéries qui avaient foudroyé son domaine de 180 hectares de vigne en 2002.

"Je ne comprends pas que tout soit fermé, les restaurateurs sont quand même responsables… Si on avait une lueur d’espoir, ça nous remonterait un peu le moral".

 

Les prix de la truffe chutent

La fermeture des restaurants joue sur l’offre et la demande de la truffe dont la saison bat son plein.

"La belle entière est à 700 € le kilo, l’année dernière nous étions monté jusqu’à 1 200 € car habituellement la demande est supérieure à l’offre", décrypte le Gardois Michel Tournayre président de la Fédération française des trufficulteurs.

"Pour beaucoup d’exploitants agricoles, c’est une perte de complément de revenu importante, ils sont fragilisés. Heureusement, il y a une forte demande du particulier.

 

Yanick Philipponnat
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Les commentaires (9)
007 en 2021 méchannnnnt Il y a 1 mois Le 16/12/2020 à 15:03

et c pas fini

Anonyme148828 Il y a 1 mois Le 16/12/2020 à 07:37

Macron pour satisfaire,tout c'est commerçants est autre il faut rouvrir tout: même si cela coute des milliers de vies puisse que ses gens ce foutent des conséquences

Runet Il y a 1 mois Le 16/12/2020 à 08:43

Merci de respecter la langue française.

BlancDeBlanc Il y a 1 mois Le 17/12/2020 à 16:41

d'accord avec Runet. En respectant la langue française on respecte aussi la France. Apparemment ce n'est pas le cas chez tout le monde...!

singlar Il y a 1 mois Le 18/12/2020 à 15:44

c pa facil de bien ecrir le franssai, il fo allé à l'écol

certains ont des difficultés, d'autres non, certains ont du pognon d'autres crèvent la bouche ouverte

raptou Il y a 1 mois Le 15/12/2020 à 15:13

Les fournisseurs, parlons en. J'ai dans ma famille quelqu'un qui est chef de cuisine d'un bistrot parisien spécialisé dans les produits du sud ouest, c'est à dire qui toute l'année s'approvisionne dans la même entreprise de cette région. En période de noël chaque année cette entreprise n'oublie pas d'augmenter le prix de ses produits y compris pour les "clients habituels". Cette année c'est eux qui ont contacté leurs clients habituels pour essayer de placer leurs produits en précisant bien qu'il ne changerait pas leurs prix augmentés habituellement les deux dernier mois de l'année. Après discussion et négociation ce fournisseur a été obligé de baisser ses prix pour une commande correspondant à la moitié de ce qui se commandait habituellement. Comme quoi cette pandémie au moins eu un côté positif..

vm666 Il y a 1 mois Le 18/12/2020 à 11:23

Si les prix augmentent habituellement, c'est tout simplement par l'effet de l'offre et de la demande, c'est un concept aussi vieux que le commerce, il ne faut pas y voir quelque chose d'anormal.

gg91 Il y a 1 mois Le 15/12/2020 à 14:10

Et oui, ça s'appelle l'effet domino, une forme inverse du ruissellement !
Quand les restaurants et les bars auront fait faillite, emportant dans leur chute leurs fournisseurs, les concessionnaires Mercedes, BMW et Audi seront mis à mal, et eux mêmes baisseront leur consommation, avec répercussion chez les bouchers et autres traiteurs etc
L'année 2021 va être terrible économiquement, qui va donner du travail à ces populations ?
D'autre part, augmenter les cotisations de ceux qui n'auront pas perdu leur job, pour payer le chômage massif qui arrive, c'est aussi une perte de pouvoir d'achat, de mécontentements, de tensions sociales...

vm666 Il y a 1 mois Le 18/12/2020 à 11:24

Et nous n'en sommes qu'aux premières chutes des dominos... leur nombre et la vitesse des chutes vont augmenter rapidement en début 2021. Va y avoir de la casse.