Jean-Pierre Foucault : "À l’élection Miss France, tout peut arriver"

Abonnés
  • "À l’élection Miss France, tout peut arriver"
    "À l’élection Miss France, tout peut arriver"
Publié le , mis à jour

Jean-Pierre Foucault qui a reçu Midi Libre chez lui, près de Marseille, présentera Miss France, l’élection des 100 ans, samedi à 21 h 05 sur TF1.

Vous présentez samedi au Puy du Fou l’élection Miss France, celle des 100 ans : comment l’abordez-vous dans ce contexte si particulier ?

Comme une grande émission de télévision. Ce sera pour moi la 26e. D’habitude, c’est un spectacle qu’on fait pour le public sur place et, par ricochet, les téléspectateurs. Cette fois, ce sera un grand show de télévision, sans spectateurs. De toute façon, sur scène, avec les lumières en face, on ne voit pas le public ! En revanche, les Miss n’entendront pas les encouragements de la famille, des amis qui les tonifient. Ils ne pourront pas être présents. Mais cela ne change rien au déroulé. Ce sera un grand show !

Les Miss ont également subi des tests de dépistage…

Bien entendu, on l’est tous. Moi je le serai en arrivant sur place.

Un grand tableau d’ouverture avec 30 anciennes Miss est prévu : comment avez-vous préparé ce mélange de générations ?

C’est intéressant parce que quand on est Miss une fois, on l’est pour toute la vie, il n’y a que l’année de l’élection qui diffère – je ne dirai pas l’âge pour ne pas être discourtois – et elles sont ravies de se rencontrer, de se découvrir parfois. Ce sera un très beau tableau qui montrera qu’être Miss France, c’est bénéficier d’une jouvence éternelle.

Le jury n’est composé que de Miss cette année, c’est inédit, et il est, pour la deuxième année, féminin. Quel est le message ?

C’est le 100e anniversaire : quoi de plus légitime que de demander une partie de la sanction – le public vote lui aussi – à celles qui l’ont reçue ? Elles ont un œil différent et cela a valeur de symbole, après le dernier jury essentiellement féminin. Mais je n’exclus pas que des messieurs reviennent l’an prochain !

Le jury féminin, c’était aussi une réponse aux critiques qui jugent l’élection sexiste…

Ceux qui emploient le terme sexiste à l’égard de l’élection Miss France ne regardent pas l’émission. Les téléspectateurs voient bien qu’elle n’a rien d’une émission sexiste. C’est un divertissement où les jeunes femmes viennent parce que c’est leur volonté. Donc oublions tout ça. Ceux qui critiquent savent qu’ils ont une fenêtre de tir entre le 15 novembre et le 15 décembre pour qu’on parle d’eux…

Le direct a offert des moments d’anthologie. On se souvient de la colère de Guy Lux face aux résultats erronés… Quel est celui qui vous a marqué ?

C’est le jour où mes fiches sont arrivées mélangées et les filles n’avaient pas non plus leurs écharpes, à l’époque elles étaient 40 je crois, comment voulez-vous que je m’y retrouve ? (rires) C’est l’intérêt du direct : tout peut arriver. Il y a des émissions où dès qu’il se passe quelque chose, on le coupe. Celle-ci n’est pas aseptisée. C’est peut-être la dernière grande émission en direct. J’adore ça, c’est notre métier, au sens noble du terme.

Et puis il n’y a rien de plus excitant que d’annoncer un tableau et que, dans l’oreille, on vous dit "elles ne sont pas prêtes". Dans ce cas-là, je parle plus longtemps, personne ne se doute de rien !

L’élimination des Miss ayant posé seins nus n’est pas toujours bien comprise, notamment celle d’une candidate qui l’avait fait dans le cadre de la lutte contre le cancer…

C’est une maladresse. Quand il y a un règlement, il faut l’appliquer mais dans ce cas précis, ça n’avait pas lieu d’être, c’est vraiment dommage, Sylvie Tellier l’a reconnu.

Un mot sur Geneviève de Fontenay qui a refusé votre invitation…

Elle s’est auto-exclue ! C’est dommage parce qu’elle était invitée. C’est sa décision.

Quel message pourriez-vous lui adresser, vous qui l’avez si longtemps côtoyée ?

Je trouve un peu curieux que, quand on vend son appartement, dix ans après, on reproche au nouveau propriétaire d’avoir refait les peintures… Mais bon, c’est comme ça. Geneviève, elle aussi, a cette fenêtre de tir, du 15 novembre au 15 décembre pour qu’on puisse un petit peu parler d’elle. Mais je le regrette, franchement, elle aurait été la bienvenue, malgré les lazzis et quolibets qui nous entachent chaque année… (rires).

Ce centenaire aurait été difficile à envisager sans vous, le présentateur historique. Vous disiez que vous vous poseriez, alors, la question de continuer ou pas.

Je me pose la question chaque année. Certains font des supputations, mais franchement le problème ne se pose pas, la chaîne ne m’en a jamais parlé, c’est quand même à eux de le dire avant que cela devienne le vœu de certaines personnes…

C’est une émission qui marche bien, je suis heureux de la faire, j’ai su prendre un peu de recul en passant le relais à Qui veut gagner des millions, en faisant beaucoup moins d’activités télévisuelles, ce qui est tout à fait normal, place à la jeune génération. Mais j’ai gardé, en accord avec TF1, ce petit bijou de trois heures de direct une fois par an.

Ce ne sera donc pas votre dernière présentation ?

Je ne pense pas… (rires).

Que vous inspire le parcours de Camille Combal qui vous a succédé à Qui veut gagner des millions, ?

C’est plutôt pas mal ! Je suis heureux, je ne me suis pas trompé, il est dans le top 50 des personnalités télé préférées des Français, il fait Danse avec les stars de manière remarquable et va bientôt s’inviter dans toutes les émissions (La Grande incruste, le 26 décembre, à 21 h 05, sur TF1, NDLR). C’est la génération montante de qualité.

Comment vivez-vous votre prise de recul ?

Parfaitement ! Heureusement, car sinon je serais très malheureux. Quand je regarde Camille Combal, je ne me dis pas j’aimerais être à sa place. Pour reprendre les mots d’un politique célèbre, l’envie m’a quitté. J’ai été gâté dans ma carrière depuis plus de 50 ans. Je suis heureux de la confiance qu’on m’accorde au classement des animateurs, alors qu’on ne me voit plus. C’est généreux de la part du public. J’ai eu beaucoup de chance en faisant le métier dont je rêvais. Je n’ai aucun remords. Je vis l’instant. Par contre, j’avais décidé d’arrêter pour profiter un peu des miens et partir en voyage, c’est la première année où je devais vraiment partir, finalement j’ai fait du sur place (rires).

Comment jugez-vous l’évolution de la télévision ?

Elle évolue avec la vie, comme nous évoluons dans l’organisation de l’élection Miss France pour que l’émission ne soit pas datée, garder un coup d’avance. Mais la télévision n’a plus le temps de prendre le temps. Et puis, c’est monté, bichonné, alors que je suis un homme du direct, je ne vis pas ma vie en différé ! C’est ce que je peux reprocher à certaines émissions.

Beaucoup ressemblent à de la radio avec deux caméras : on met une table et on discute… Ce n’est pas vraiment de la télévision, ça. Et le drame, c’est que la radio maintenant, on la filme. On perd la tête ! Avant, quand on faisait de la radio, il y avait un million d’auditeurs et un million de décors différents, car les gens imaginaient. Maintenant on montre tout. Cela enlève de la magie. Quand je faisais de la radio sur RMC avec mon collègue Léon, lui était à Monaco et moi à Paris, les gens ne le savaient pas, je disais à Léon "dites donc, votre cravate, elle n’est pas terrible aujourd’hui", alors qu’on était à mille bornes l’un de l’autre. Maintenant on ne peut plus "mentir", entre guillemets, pour enjoliver. Je me souviens d’un commentateur radio ici, à Marseille, qui inventait même des actions quand le match de foot était nul, alors qu’il ne se passait rien. Soyez plus inventif à la télévision et laissez la radio à la radio, ça serait mon vœu le plus cher.

Diriez-vous que la liberté de ton régresse ?

Oui, un peu. Dès qu’on dit quelque chose, même sans arrière-pensée, tout est matière à débat. J’ai toujours été extrêmement prudent sur l’emploi de mon vocabulaire mais Christophe Dechavanne, par exemple, disait des trucs insensés dans Coucou c’est nous… Maintenant je ne sais pas si ça passerait. Aujourd’hui, on voit le mal partout. Alors qu’on n’est pas de mauvaises gens, franchement.

Midi Libre
Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

Les commentaires (2)
louviel Il y a 1 mois Le 14/12/2020 à 13:52

on se demande bien ce qui peut arriver, voyons de plus près !

Altaïr Il y a 1 mois Le 14/12/2020 à 11:50

moi j'aimerais bien connaître les dessous de l'affaire.