Montpellier : Ventum Biotech décolle

  • La start-up de Gina Bandar est hébergée par l’incubateur Cap Oméga, dans le quartier Eurêka de Montpellier.
    La start-up de Gina Bandar est hébergée par l’incubateur Cap Oméga, dans le quartier Eurêka de Montpellier. dr
Publié le , mis à jour

Seulement un an après sa création, la start-up montpelliéraine, qui propose une solution pour décontaminer les espaces clos, a vu la demande exploser à la faveur du Covid-19. Elle vise aujourd’hui une expansion internationale.

Au bon endroit, mais surtout au bon moment. Gina Bandar a lancé à Montpellier Ventum Biotech, une start-up spécialisée dans la décontamination des lieux clos en juillet 2019. Après des débuts difficiles, la société a vu les demandes exploser à la faveur de la crise du Covid-19. Son produit ? Un spray facile d’utilisation qui décontamine l’air et les surfaces. "Nous avons démarré avec une gamme ciblée pour les hôpitaux et les laboratoires mais avec le Covid, ils étaient débordés et nous n’avions plus de réponse", explique cette entrepreneuse de 55 ans. Ventum Biotech a donc dû se tourner vers d’autres marchés… Et n’a pas tardé à voir la demande exploser. "Nous sommes en contact avec des hôtels, des bureaux, des sociétés de transports… Les loueurs de voitures et de camions font partie de nos gros clients, confie Gina Bandar. Et nous sommes actuellement en train de faire des tests pour Boeing et Airbus pour désinfecter les cabines des avions."

Une croissance exponentielle pour cette start-up qui termine sa première année avec un chiffre d’affaires qui devrait se situer "entre 300 000 € et 400 000 €". Une goutte d’eau par rapport au prévisionnel de 2021… "On a dans les tuyaux de très gros marchés qui vont nous propulser", assure Gina Bandar.

Pour absorber cette expansion fulgurante, l’entreprise a déjà embauché cinq personnes à Montpellier et deux à l’étranger. Car après avoir développé son marché français et monté une filière en Europe, elle vise le marché américain - "il y a énormément de demandes" - et a d’ores et déjà ouvert des bureaux à Boston pour s’implanter dans le pays. De plus, l’entreprise prévoit d’embaucher trois à cinq personnes supplémentaires l’année prochaine, des ingénieurs et des commerciaux. "Nous voulons continuer à développer la R & D pour conserver le côté scientifique, quitte à déléguer l’aspect commercial", explique Gina Bandar.

Un siège montpelliérain

Pour l’heure, Ventum Biotech se prépare à absorber correctement la vague de demandes qui s’apprête à déferler sur elle. "Nous veillons à pouvoir assurer la production. Nous sous-traitons la production dans deux usines, une à Montpellier, l’autre à Grenoble."

Le laboratoire, lui, se trouve à Vailhauquès, dans l’Hérault, et "le siège est et restera à Montpellier", assure Gina Bandar. D’origine américaine, le couple francophile s’est installé à Montpellier en 1993. "Nous avons vu cette ville grandir et nous y avons été très bien accueillis. Nous voulons rendre à la région ce qu’elle nous a donnés." Accompagnée par l’incubateur Cap Oméga situé dans le quartier Eurêka et soutenu par une grande banque, la start-up travaille également avec Business France pour planifier sa stratégie internationale. "Nous avons des contacts de partout dans le monde, des gens des pays du Golfe et du Brésil sont très intéressés par notre produit."

L’avenir s’annonce des plus radieux pour Ventum Biotech qui, pour l’instant, ne craint pas la concurrence. "Nous en avons deux sérieux dans le milieu hospitalier mais nous avons une longueur d’avance, se réjouit Gina Bandar. Nous avons une innovation que les autres n’ont pas : Lutfi [Kachou] a réussi à stabiliser l’acide peracétique et nous avons trouvé le moyen de le confiner alors qu’il était réputé inconfinable jusqu’ici. Sur le marché, nous avons le meilleur produit, facile, économique et efficace."

Cyril DURAND
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Les commentaires (2)
Occitans Il y a 1 mois Le 20/12/2020 à 14:12

Manque de chance pour eux , chance pour nous, les vaccins arrivent.

Négocions Il y a 1 mois Le 19/12/2020 à 22:57

Je lui souhaite bien du succès.
Mais l'acide peroxyacétique (ou peracétique) n'est efficace sur les surfaces que si elles sont propres, comme pour les autres désinfectants.
Et quand on voit leur vidéo où une employée de bureau déclenche son fumigène à acide peroxyacétique sans porter la moindre protection, avant de quitter précipitamment la pièce, ça fait un peu peur.