RIA Novosti - Moscou, 12 décembre 2008
Le Pentagone a officiellement reconnu jeudi la vulnérabilité de l’itinéraire pakistanais de livraison du matériel militaire vers l’Afghanistan, ce qui pourrait remettre en cause l’ensemble de l’opération des alliés occidentaux dans ce pays, lit-on vendredi dans le quotidien Kommersant.
L’accord avec la Russie sur le transit aérien et terrestre de l’équipement militaire ne résoudra pas tous les problèmes des Etats-Unis et de l’OTAN. De plus, le prix du consentement de Moscou pourrait s’avérer trop élevé. Selon Kommersant, l’itinéraire alternatif actuellement en cours d’élaboration par les militaires américains prévoirait de contourner la Russie.
"La capacité de la route de Kandahar, tout comme son niveau sécurité, n’est pas satisfaisante", estime Andreï Serenko, expert du Centre russe d’étude de l’Afghanistan contemporain. "Les Américains n’ont que deux issues : soit trouver un accord avec la Russie, soit élaborer un nouvel itinéraire. Compte tenu de la contrepartie exigée par la Russie, qui souhaite le renoncement au déploiement de l’ABM en Europe de l’Est, les Etats-Unis penchent certainement pour la deuxième solution".
L’existence du projet est confirmée par les négociations de responsables de l’administration américaine en Asie centrale : le parlement kazakh a ratifié la semaine dernière des mémorandums de soutien de l’opération Liberté immuable en Afghanistan, autorisant les Etats-Unis à utiliser la section militaire de l’aéroport d’Almaty en cas d’atterrissage d’urgence des avions militaires.
Le parlement géorgien a également reconnu l’existence de négociations sur le nouvel itinéraire. "Le port de Poti est stratégiquement important pour nos alliés occidentaux", a indiqué un député du Mouvement national, le parti au pouvoir. "Le matériel pourrait être transféré de Poti vers l’Azerbaïdjan, puis au Kazakhstan et en Ouzbékistan. Pourtant, selon mes informations, on n’a pas encore reçu le consentement définitif de l’Azerbaïdjan sur cette question".
Les analystes politiques azerbaïdjanais estiment que "de telles négociations pourraient en effet avoir lieu, le consentement de Bakou étant conditionné par la résolution de la question du Haut-Karabakh". "L’Azerbaïdjan possède une situation géographique avantageuse, et il l’utilisera conformément à ses intérêts nationaux", a déclaré le député azerbaïdjanais Anar Mamedkhanov. "Et cela concerne en premier lieu le problème du Haut-Karabakh".
Cet article est tiré de la presse et n’a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.