PAN - Kaboul, 30 avril 2008 (Traduit du farsi)
Zobir Babakerkhail
En vue d’assurer la stabilité dans le pays, le Conseil national uni [1] (CNU) prône un changement du système politique et la reconnaissance officielle des Taliban en tant que goupe politique ou militaire.
« Il faut organiser une conférence internationale à laquelle devraient être invités les Taliban, à titre de formation militaire ou politique », a déclaré le 30 avril lors d’une conférence de presse, le Dr Mohauddin Mehdi, porte parole du CNU.
Cette déclaration intervient alors que les opposants continuent de résister, au cœur même de Kaboul et dans certaines provinces.
Interrogé par Pahjwak sur la participation des Taliban, si une telle conférence avait lieu, Mehdi a répondu qu’avec le temps nombre de groupes avaient changé et que certains pouvaient être aujourd’hui intéressés par une négociation.
Il a également souligné que la sécurité était la condition première de l’amélioration de la vie du peuple afghan.
Le CNU a organisé cette conférence de presse pour le 16e anniversaire de la victoire (28 avril) des mujahiddin.
À cette occasion, son président, Jafar Kohistani a estimé que l’attaque lors la parade militaire du 27 avril était due à l’inattention des forces de sécurité et à des propos irresponsables du président Karzaï.
La veille de la cérémonie, le président Karzaï avait demandé aux forces étrangères de ne plus arrêter de Taliban, a-t-il indiqué sans fournir plus de détails.
Kohistani a également prôné un changement de système politique.
« Nous demandons au Parlement de réagir avant qu’il ne soit tard, et d’organiser une Loya Jirga et une conférence internationale pour changer le système », a-t-il lancé.
Le CNU, qui compte soixante organisations de la société civile et partis politiques, est considéré comme une formation d’opposition.
Son programme appelle notamment à l’abandon du système présidentiel centralisé au bénéfice d’un système parlementaire et décentralisé, et à l’élection des gouverneurs et des maires.
Sur le plan économique, selon un de ses membres, il rejette le marché libre en Afghanistan, et souhaite un système économique mixte et équilibré.
Enfin, le CNU considère que la résolution des problèmes en Afghanistan requiert un soutien régional et que la mission des forces étrangères doit être légalement et précisément déterminée.
[1] Cette formation - Shura-ye Motahed-e Milli - est distincte du Front national - Jabha-e Milli - dirigé par Rabbani. (ndlt)