Lemonde.fr avec AFP - 27.12.07
Deux diplomates de l’ONU et de l’Union européenne déclarés persona non grata par les autorités afghanes cette semaine ont quitté, jeudi 27 décembre, le territoire afghan. Kaboul leur a demandé de quitter le pays pour "activités non compatibles avec leur mandat", les accusant de contact avec les insurgés talibans de la province de Helmand, dans le sud du pays, a indiqué l’ONU.
Coïncidence ? Le quotidien londonien The Daily Telegraph affirme dans son édition de jeudi que des agents du MI6, les services secrets britanniques, ont engagé des négociations de paix avec une douzaine d’officiels talibans, citant une source anonyme du renseignement.
Un Britannique de l’ONU, dont le nom n’a pas été communiqué "pour ne pas nuire à sa famille", a "maintenant quitté le pays", a déclaré un porte-parole de l’ONU.
Au secrétariat de la mission européenne à Kaboul, un haut responsable a simplement confirmé que leur diplomate, le numéro deux irlandais de la mission, Michael Semple, était également parti dans la matinée.
"UN MALENTENDU", SELON L’ONU
"Des discussions sont en cours avec les autorités afghanes pour arranger le retour du responsable onusien, de manière à pouvoir continuer le très important travail de construction de la paix en Afghanistan", a ajouté le porte-parole de l’ONU.
L’affaire a éclaté quand les deux diplomates se sont rendus dans le district de Musa Qala, dans la province de Helmand, repris début décembre par les forces afghanes, après dix mois passés sous le contrôle des talibans. I
ls voulaient évaluer les efforts de "stabilisation" et ont parlé avec de nombreux locaux, dont "peut-être, certains qui n’étaient pas nécessairement favorables au gouvernement d’Afghanistan", selon le porte-parole onusien.
Il a précisé :"Nous avons ensuite été informés que notre présence dans la province de Helmand avait lieu au détriment des intérêts de la sécurité nationale afghane. Nous ne sommes pas d’accord avec cette appréciation."
Mais il a rejeté l’accusation de contact avec les insurgés : "Nous ne parlons pas aux talibans. Un point c’est tout.
" Au ministère des affaires étrangères, le porte-parole Sultan Ahmad Baheen a rappelé mercredi que les étrangers employés en Afghanistan "devaient se conformer à la loi".