AFP – 6 janvier 2008
Le Pakistan a vertement réagi dimanche à des informations du New York Times selon lesquelles le gouvernement américain de George W. Bush envisageait des opérations militaires "clandestines" dans les zones tribales frontalières avec l’Afghanistan.
Cette région du nord-ouest du Pakistan est le théâtre d’une insurrection de combattants islamistes proches des talibans et d’Al-Qaïda.
"Cela ne dépend pas du gouvernement américain, c’est le gouvernement du Pakistan qui est responsable de ce pays", a déclaré à l’AFP le général Waheed Arshad, porte-parole de l’armée.
"Il n’y a pas d’opérations américaines, ni au grand jour ni clandestines, à l’intérieur du Pakistan. De telles informations sont sans fondement et nous les rejetons", a-t-il dénoncé.
D’après le site internet du New York Times (NYT), une proposition est discutée à Washington selon laquelle des agents de la CIA basés en Afghanistan pourraient faire appel à un soutien militaire direct pour mener des opérations antiterroristes au Pakistan.
Citant des sources anonymes du gouvernement américain, le quotidien affirme que la la CIA disposerait ainsi de pouvoirs élargis pour frapper des cibles au Pakistan.
Dans les zones tribales, dans les districts du Waziristan du Nord et du Sud, 90.000 militaires pakistanais font face à des combattants islamistes proches des talibans et d’Al-Qaïda.
Des responsables américains sont convaincus que les mouvements d’Oussama ben Laden et des talibans afghans et pakistanais ont reconstitué leurs forces dans ces régions tribales pour déclencher des attaques de l’autre côté de la frontière, en Afghanistan, où les troupes afghanes et étrangères, surtout américaines, combattent une insurrection de talibans.
Les Etats-Unis, qui ont fait du président Musharraf depuis fin 2001 leur allié principal dans leur "guerre contre le terrorisme", auraient déjà déployé une cinquantaine de soldats au Pakistan, selon le NYT.
Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Mohammad Sadiq, a qualifié l’article du NYT de "spéculatif". Tout ce qui laisse penser que des forces américaines seraient sur le sol pakistanais est "inacceptable", a-t-il ajouté.
Le vice-président Richard Cheney et la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice ont discuté de ces opérations, mais sans consulter le président Pervez Musharraf, à la suite de la mort de Benazir Bhutto dans un attentat suicide le 27 décembre, affirme le journal.
Le Waziristan du Sud est le fief d’un chef islamiste réputé proche d’Al-Qaïda, Baïtullah Mehsud. Islamabad l’a accusé d’avoir orchestré l’assassinat de Benazir Bhutto, ce qu’il a démenti.