BBC persan - 7 mai 2006 (Traduit du farsi)
Ramin Anwari à Kaboul
Malalaï Joya a affirmé qu’elle continuera à exprimer ses opinions, même si elle devait se retrouver totalement isolée au Parlement.
Malalaï Joya, la « dérangeante » représentante de la province de Farah à l’Assemblée nationale d’Afghanistan est en butte aux comportements agressifs d’un certain nombre de ses collègues parlementaires.
Du brouhaha et des invectives ont interrompu l’une de ses interventions au Parlement, et alors qu’elle accusait les mujahiddins d’avoir assassiné des milliers de citoyens afghans, nombre de parlementaires ont commencé à la bombarder de petites bouteilles d’eau minérale.
Abdul Rab Rassul Sayaf, un représentant de Kaboul au Parlement et ancien chef mujaheddin a vivement critiqué le discours de Malalaï Joya, y voyant une insulte à l’Islam.
Faire la promo de Malalai Joya est pour le moins maladroit, au pire, une basse propagande de ceux qui utilisent des femmes, tel Rawa en son temps, pour brouiller les pistes, mais dont le seul dessein est de faire capoter tout processus démocratique. Il est d’ailleurs interressant d’aller jeter un oeil sur le site perso de Malalai Joya, tandis que peu, si ce n’est aucune autre personnalité politique afghane n’en dispose (car d’Afghanistan il est encore impossible de créer un site), et de voir combien les termes et le langage utilisés sont similaires à ceux de Rawa !!!
http://www.malalaijoya.com/index800.htm Victimation, "il faut défendre Malolai Joya !" "Help Malolai Joya !" "Urgent actions needed" etc, etc... et une photo de la furie au milieu. Et puis quoi encore ? D’autres femmes se battent en Afghanistan et font autrement avancer la cause des femmes afghanes que ce sous-marin pakistanais (sans doute, comme l’était Rawa).
C’est tout à fait déplorable.
Cher-e anonyme, je crains que vous n’ayez pas très bien saisi ce qu’EST et ce que n’EST PAS Nawaaye-Afghanistan :
1 - Nawaa n’est pas un site militant ou de propagande, « promouvant » telle ou telle cause, telle ou telle personne.
2 - C’est un site d’information totalement indépendant, attaché à certains principes : liberté de conscience et d’expression, démocratie, droits humains en général, droits des femmes en particulier.
3 - Les papiers publiés ne reflètent pas nécessairement le point de vue de Nawaa. Ils sont de la responsabilité exclusive de leur(s) auteur-e-(s).
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Quant à l’article que vous incriminez - selon une rhétorique que j’ai, du reste, déjà entendue :
1 - Il a été retenu et traduit, non pour faire de la pub à une députée [ chose vous faites fort bien d’ailleurs, en communiquant l’adresse de son site !], mais parce qu’il relate un fait concret et symptomatique qui s’est déroulé au sein de la Wolesi Jirga. Donc, dans une instance démocratique, en principe ; un lieu de débat contradictoire, en principe ; où doit être reconnu et respecté le droit fondamental des élu-e-s à la liberté de pensée et de parole, en principe. Qu’il s’agisse de Joya ou de n’importe quel-le autre parlementaire, évidemment.
Or, beaucoup dans cette Assemblée (et au-dehors aussi, malheureusement) où les ultraconservateurs, Taliban inclus, pèsent singulièrement, ont du mal à accepter et à respecter ces élémentaires critères démocratiques ( je note à cet égard que la réaction de Sayaf, ce grand démocrate, ami des femmes et du genre humain..., vous laisse indifférent-e...).
Cet incident au Parlement est donc révélateur. Il a suscité des réactions et des développements divers. Nawaa en rendra compte. Bien entendu.
2 - Par ailleurs vous parlez d’un « processus démocratique » menacé. Il ne vous a pas échappé, j’espère, que ce processus en est à un stade plus formaliste que réel. Et qu’en matière de risques et de menaces, la Constitution et ses contradictions internes, le retour en force des intégristes de tous poils, l’occupation militaire US & Co et autres menus problèmes sont des facteurs assez déterminants. Mais sans égaler, certes, la terrifiante, l’absolue dangerosité d’une députée...
3 - Vous signalez également, si je vous ai bien compris-e, l’existence d’une « utilisation des femmes » en vue de « faire capoter le processus démocratique ».
Mais voilà qui très inquiétant !!! Comme je suppose que vous parlez en réelle connaissance de cause, il serait vraiment très intéressant que vous développiez cette info (quelles femmes, où, par qui, comment, avec quel impact ?), en indiquant, cela va de soi, des sources fiables et accessibles..
4 - Enfin, vous dîtes qu’il est « encore impossible de créer un site » en Afghanistan. C’est faux.
Cordialement
Yol