AFP - New Delhi, 29 juillet 2010
Le Premier ministre britannique David Cameron, en visite en Inde sur le thème des échanges commerciaux et de l’emploi, a déclenché jeudi une polémique avec le Pakistan après des commentaires faits la veille sur "l’exportation de la terreur" par le Pakistan.
L’ambassadeur du Pakistan au Royaume-Uni a accusé M. Cameron de "porter atteinte aux perspectives de paix régionale" après ses commentaires mercredi devant des journalistes à l’issue d’un discours à Bangalore (sud).
Interrogé sur la sécurité en Asie du sud, le Premier ministre a répondu en mettant en garde le Pakistan, voisin et rival de l’Inde, contre l’accueil sur son territoire et le soutien de groupes extrémistes.
"Nous ne pouvons tolérer en aucun cas l’idée que ce pays (le Pakistan) soit autorisé à regarder des deux côtés et puisse, de quelque manière que ce soit, promouvoir l’exportation de la terreur en Inde ou en Afghanistan ou n’importe où ailleurs dans le monde", a-t-il déclaré.
Ces commentaires faisaient les gros titres des quotidiens indiens jeudi. New Delhi a accusé un groupe islamiste basé au Pakistan, le mouvement Lashkar-e-Taïba, d’être responsable des attentats de Bombay en 2008 qui avaient fait 166 morts.
Ces déclarations interviennent aussi après la fuite sur internet de documents secrets américains accusant notamment Islamabad d’autoriser les services secrets pakistanais (ISI) à armer et financer la rébellion afghane, bien qu’Islamabad soit officiellement un allié des Etats-Unis depuis fin 2001.
"Nous devrions être très, très clair avec le Pakistan sur notre volonté de voir un Pakistan fort, stable et démocratique", a déclaré M. Cameron. "Ce devrait être des relations basées sur un message très clair : il n’est pas correct d’avoir des relations avec des groupes encourageant la terreur", a-t-il ajouté.
A Londres, l’ambassadeur du Pakistan Wajid Shamsul Hasan a exprimé la profonde déception de son gouvernement, estimant que M. Cameron avait choisi d’ignorer "l’énorme rôle" du Pakistan" dans la guerre contre le terrorisme.
"Il semble faire davantage confiance à des informations fondées sur des fuites de services de renseignement en dépit de leur absence de crédibilité et de preuves concordantes", a-t-il déclaré au quotidien The Guardian.