Nawaaye Afghanistan
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Environnement régional :
Pakistan
Situation militaire :
Taliban
Brèves
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lundi 16 août
La police afghane a saisi dimanche 17 tonnes d’explosifs cachés dans des pots de peinture en provenance du Pakistan, dans le sud de l’Afghanistan. Le camion transportant les explosifs a été arrêté à Spin Boldak (SUITE)
 
Civils tués en Afghanistan : les talibans proposent à l’ISAF une enquête conjointe
lundi 16 août
Le commandement des talibans a proposé à la force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (ISAF) d’enquêter conjointement sur les pertes civiles dans le pays, annoncent les médias occidentaux. (SUITE)
 
Six policiers afghans tués dans le Helmand
mercredi 11 août
Six policiers afghans ont été tués dans la nuit dans deux attaques des insurgés talibans dans la province du Helmand, une très dangereuse province du sud de l’Afghanistan, a indiqué mardi à l’AFP la police locale. (SUITE)
 
Afghanistan : 3 postes militaires attaqués
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En Afghanistan, des tirs ont forcé un hélicoptère à atterrir
dimanche 8 août
Les Forces armées canadiennes ont confirmé, samedi, que des tirs d’armes de petit calibre avaient forcé l’atterrissage d’urgence, jeudi, d’un hélicoptère Chinook en Afghanistan. ( SUITE )
 
Afghanistan / Pakistan / Taleban / Abdul Ghani Baradar
Capture d’un important chef militaire des talibans afghans au Pakistan
samedi 20 février 2010
par Yol
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Sur le Web Source

Le Monde -| 16 février 2010

New Delhi, correspondant en Asie du Sud, Frédéric Bobin

La capture est de choix. Le chef militaire des talibans afghans, le mollah Abdul Ghani Baradar, aurait été récemment arrêté à Karachi, la capitale économique du Pakistan, lors d’une opération conjointe menée par les services secrets pakistanais et américains, a révélé, mardi 16 février, le New York Times.

Citant des officiels américains s’exprimant sous le sceau de l’anonymat, le quotidien précise que M. Baradar est détenu "depuis plusieurs jours dans une prison" où il est interrogé par des officiers de l’Inter Service Intelligence (ISI) – les services secrets de l’armée pakistanaise (ISI) – associés à des agents de la CIA.

Les talibans ont formellement démenti l’information. "C’est un gros mensonge, a déclaré à l’AFP Youssouf Ahmadi, l’un des porte-parole des talibans afghans. Baradar est en ce moment en Afghanistan, où il dirige toutes les activités du djihad [guerre sainte]. Il est avec nous et nous sommes en contact avec lui."

Si elle se confirme, cette arrestation serait une grande première. M. Baradar serait le plus haut dirigeant militaire du mouvement afghan à avoir été arrêté depuis la chute du régime taliban à Kaboul, fin 2001. Le coup porté au mouvement islamiste afghan, qui orchestre l’insurrection afghane contre l’OTAN depuis ses bases arrière au Pakistan, serait sérieux. Mais en conclure qu’il serait déstabilisé est à ce stade prématuré. La direction de l’Emirat islamique d’Afghanistan (EIA) – le nom dont le mouvement s’est doté – n’a cessé depuis 2001 de modifier son organigramme dirigeant au gré des disparitions de certains de ses chefs.

COOPÉRATION DES AUTORITÉS D’ISLAMABAD

Moshtak Yusufzaï, journaliste au bureau de Peshawar du quotidien pakistanais The News, juge l’information de l’arrestation du mollah Baradar "crédible". "Elle m’a été confirmée par mes contacts talibans", dit-il lors d’un contact téléphonique avec Le Monde.

Selon lui, le mollah Baradar était depuis plusieurs mois au centre d’une vive querelle interne au sein du mouvement taliban. "Il était favorable à des discussions avec le président afghan Hamid Karzaï, précise Moshtak Yusufzai, ce qui lui valut un conflit avec le mollah Omar, le chef suprême du mouvement. Ce dernier est hostile à toute discussion à l’heure où les Américains intensifient leur effort de guerre."

En conséquence, selon M. Yusufzai, le mollah Baradar aurait été "expulsé du mouvement" et remplacé à son poste de chef militaire.

Ces remous internes au mouvement autour de perspectives de "dialogue" entre Kaboul et insurgés pourraient éclairer les circonstances de l’arrestation de Baradar. Aurait-il été lâché par ses anciens amis ? Moshtak Yusufzai dit l’ignorer. Mais la question se pose inévitablement.

Quoi qu’il en soit, cette arrestation est un succès pour les Américains qui peuvent se féliciter de la coopération des autorités d’Islamabad dans cette affaire. Jusqu’à présent, les officiels à Washington se plaignaient amèrement de la mauvaise volonté des Pakistanais dans la lutte contre les sanctuaires talibans établis sur leur sol. L’état-major du mouvement était hébergé à Quetta, le chef-lieu du Baloutchistan pakistanais, protégé de facto par les services secrets de l’armée pakistanaise.

Islamabad a toujours nié cette évidence, rappelée à de multiples reprises par les dirigeants américains. Récemment, le général Ashfaq Kayani, le chef d’état-major pakistanais, a répété son refus de déclencher une opération dans la zone tribale Nord-Waziristan, d’où le réseau dit "Haqqani" – du nom du vétéran du djihad anticommuniste Jalaluddin Haqqani – téléguide l’insurrection dans les provinces de l’Est afghan. Selon de nombreux analystes, le Pakistan souhaite soigner ses contacts avec des groupes talibans dans la perspective du futur retrait des troupes de l’OTAN d’Afghanistan.

L’arrestation du mollah Baradar marque-t-elle une rupture dans l’attitude d’Islamabad ? La réponse est négative s’il se confirme que la position personnelle de M. Baradar était dépréciée depuis plusieurs semaines.

La capture de M. Baradar serait ainsi un simple gage de bonne volonté offert par les Pakistanais mais dont l’impact stratégique serait minime.

Article paru dans l’édition du 17.02.10